- Commencez par la lettre de mission et un calendrier commun des prochaines échéances.
- Définissez par écrit qui termine chaque travail et qui reprend chaque déclaration.
- Contrôlez les données transférées avec les soldes comptables et la réalité des chantiers.
Changer de cabinet mobilise comptabilité, TVA, paie et suivi des chantiers. Au-delà du dernier bilan, il faut transmettre un dossier exploitable, répartir les échéances et vérifier les soldes. Cette méthode prépare les échanges avec les deux cabinets. Références vérifiées le 21 octobre 2026.
Décrire ce qui doit réellement changer
Écrivez trois difficultés observables : une situation mensuelle reçue trop tard, des réponses difficiles à obtenir sur la sous-traitance, ou des marges impossibles à rapprocher du terrain. Pour chacune, décrivez le résultat attendu et l’information nécessaire. « Mieux piloter » devient par exemple « connaître chaque mois le coût restant à engager sur les dix principaux chantiers ».
Listez sociétés, établissements, banques, logiciels, effectifs et marchés. Précisez le travail déjà réalisé par votre équipe : facturation, pointage des heures, relances, collecte et validation des achats. Ce périmètre distingue les besoins d’une société de second œuvre de ceux d’un groupe.
Lire la lettre de mission avant de fixer la date
La lettre de mission précise les conditions de la relation : travaux confiés, durée, honoraires et modalités de rupture. L’Ordre recommande de la relire avant tout changement. Le préavis et les éventuelles indemnités dépendent du contrat et de la situation ; un délai de trois mois n’est pas une règle universelle applicable à tous les dossiers.
Rassemblez la lettre initiale, les avenants et les conditions générales. Repérez les missions distinctes, notamment la paie et le juridique. Inscrivez la date souhaitée de reprise à côté des échéances de TVA, des bulletins, de la clôture et des demandes bancaires. Le calendrier retenu doit être compatible avec les engagements applicables et la disponibilité réelle des intervenants.
Comparer les propositions à périmètre identique
Une comparaison de mensualités seules masque facilement des écarts. Demandez ce qui est inclus pour chaque société : tenue ou révision, déclarations, comptes annuels, paie, tableaux de bord, réunions et assistance ponctuelle. Faites préciser les volumes retenus, les hypothèses et les prestations facturées séparément. Demandez aussi le coût éventuel de reprise ou de remise à niveau.
Demandez un exemple de livrable BTP : qui fournit les heures, estime le reste à faire et explique les écarts ? Vérifiez les outils, les exports et les interlocuteurs prévus. Les engagements utiles doivent se retrouver dans le périmètre contractuel.
Construire une matrice de passation
Créez une ligne par sujet et par entité, avec cinq colonnes : période concernée, document attendu, responsable, échéance et statut. Faites apparaître séparément le bilan précédent, la tenue de l’exercice en cours, les déclarations déjà déposées, les régularisations ouvertes et la prochaine paie. Une mention « dossier transmis » ne suffit pas à attribuer ces responsabilités.
Le successeur respecte les règles professionnelles de succession, dont l’information du confrère. Une difficulté d’honoraires mérite d’être traitée explicitement ; en cas de différend, un recours à l’Ordre peut être envisagé. Sur le plan pratique, centralisez les échanges de passation dans un journal partagé afin de distinguer les pièces reçues, les pièces exploitables et celles qui restent à expliquer.
Transférer les données qui expliquent les chantiers
Préparez les balances, grands livres, journaux et exports disponibles avec leurs périodes. Ajoutez les états de rapprochement bancaire, immobilisations, emprunts, clients et fournisseurs. Le fichier d’écritures comptables, lorsqu’il est requis ou disponible, ne remplace pas les contrats, justificatifs et informations opérationnelles nécessaires à la compréhension du dossier.
Constituez un dossier par chantier significatif : marché, avenants, situations cumulées, factures, acomptes, retenues, sous-traitants et prévision de coût final. Pour la paie, prévoyez les historiques et paramètres utiles, avec les accès appropriés et un transfert sécurisé. Inventoriez les accès nominatifs aux portails et logiciels, puis testez les nouveaux droits avant de réorganiser les anciens.
Vérifier les soldes au lieu de valider seulement un import
Choisissez une date commune et comparez les totaux avant et après reprise : banque, créances, dettes, immobilisations et soldes fiscaux ou sociaux. Puis contrôlez quelques dossiers représentatifs : un chantier terminé, un chantier long, un marché avec retenue et un dossier de sous-traitance. Demandez l’origine de chaque écart, même lorsque le total général semble cohérent.
La revue doit rapprocher trois réalités : ce qui est comptabilisé, ce qui a été facturé et ce qui a été réalisé. Un encaissement mal affecté peut faire apparaître une facture impayée ; une situation seulement préparée peut être confondue avec une créance facturée. Consignez les corrections et leur auteur pour conserver une piste claire entre l’ancien dossier et le nouveau.
Piloter les premières échéances avec un point court
Pendant la reprise, organisez un point sur les pièces bloquantes, échéances, anomalies et décisions. Attribuez chaque action à une personne et une date. Le conducteur de travaux valide les estimations : le cabinet ne peut pas reconstituer seul l’avancement physique.
Après les premiers cycles de déclaration et de paie, vérifiez que le fonctionnement convenu tient : pièces accessibles, questions orientées vers le bon interlocuteur, informations nécessaires reçues à temps. Pour le premier reporting, gardez visibles les données encore provisoires. Une comparaison de marges entre périodes n’est utile que si les méthodes et les périmètres sont explicités.
Éviter les erreurs qui rendent la reprise coûteuse
Gardez un registre des anomalies, avec leur période et leur effet. Si une migration logicielle accompagne la reprise, définissez un périmètre, un test et une procédure de retour.
- Inventorier les échéances avant d’annoncer une date de bascule.
- Vérifier les missions sociales et juridiques distinctes.
- Tester les nouveaux accès avant de fermer les anciens.
- Dater et nommer les fichiers pour identifier leur dernière version.
- Séparer les corrections historiques du reporting courant.
MISE EN PRATIQUE / EXEMPLE FICTIF
Exemple fictif : rapprocher 150 000 € de créances à la reprise
Les montants ci-dessous sont des soldes clients suivis à la même date. Les situations non encore facturées restent présentées séparément.
| Élément à contrôler | Montant | Vérification attendue |
|---|---|---|
| Factures non échues | 90 000 € | Échéances et affectation au bon chantier |
| Factures échues | 42 000 € | Règlements récents, litiges et relances |
| Retenues de garantie | 18 000 € | Marchés, réceptions et dates de libération |
| Total des créances du dossier | 150 000 € | 90 000 + 42 000 + 18 000 |
| Situations préparées non facturées | 25 000 € | Hors de ce total ; statut et traitement à examiner |
Le rapprochement valide 150 000 € de créances, pas 175 000 € de trésorerie certaine. Les 25 000 € supplémentaires réclament une analyse distincte de la facturation et de la reconnaissance comptable.
Votre checklist de travail
0 / 7 points préparésÀ utiliser pendant votre préparation. Les cases cochées restent dans cette page, sans transmission ni sauvegarde.
Les questions fréquentes
Peut-on changer de cabinet en cours d’exercice ?
Examinez d’abord le contrat et les échéances, puis convenez d’une date et d’une répartition des missions compatibles avec le dossier.
Faut-il obligatoirement attendre le bilan ?
Le choix dépend du contrat, de l’état du dossier et des responsabilités convenues. La clôture constitue une étape importante, sans fournir une réponse unique à toutes les situations.
Qui récupère les données ?
Désignez un coordinateur interne et répartissez les tâches avec les cabinets. Vérifiez l’inventaire et les formats : transmission technique et dossier complet ne sont pas synonymes.
Un tarif inférieur signifie-t-il un coût global inférieur ?
Comparez périmètre, reprise, logiciels, volumes et missions ponctuelles. Intégrez aussi le temps de collecte et de contrôle demandé à votre équipe.
Sources & méthode
Ordre des experts-comptables — Changer d’expert-comptable ↗Ordre des experts-comptables — La lettre de mission ↗Dossier éditorial préparé le 21 octobre 2026. Les exemples sont fictifs et servent à expliquer une méthode. Les règles applicables dépendent des faits, des contrats et des pièces du dossier. Ce contenu général ne constitue pas une consultation individuelle.
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